Tranches de vie

1950-1965 — Négociation de huit conventions…

De 1950 au milieu des années 1960, la Fraternité négociera huit conventions collectives. Presque autant de fois, la Ville tentera d’éliminer les officiers de l’unité d’accréditation lors de ces négociations. Selon le point de vue de l’employeur, les capitaines sont l’équivalent de cadres dans une entreprise alors que les principaux intéressés se sentent davantage d’affinités avec les policiers qu’avec l’État-major.

Déjà en 1944, puis une seconde fois en 1945, la Ville avait cherché à exclure ces officiers du syndicat des policiers. Même chose lors des négociations de 1950 et 1951. La question refait surface avec l’administration Drapeau en 1955 et en 1960. Bien que chacune de ces tentatives se soient soldées par un échec, la Ville reviendra à la charge au cours des années suivantes.

Tableau des salaires 1950 à 1965.
Source : archives FPPM. Publié dans Solidarité et détermination, Éd. Boréal, p. 129.

Des huit contrats de travail conclus avec la Ville durant cette période, quatre se sont réglés directement à la table de négociations alors que les quatre autres nécessitent un arbitrage, selon les paramètres de la loi de 1944. Les négociations étaient serrées au point où certaines ont failli aboutir à la grève. Le bilan de ces huit négociations est dans l’ensemble très positif : les conditions de travail des policiers s’améliorent, que l’on parle de la rémunération, du nombre d’heures travaillées, du nombre de jour fériés ou de vacances, etc. Les policiers montréalais obtiendront en 1965 les meilleurs salaires au Canada !

L’ancienneté dans les promotions et l’assignation aux fonctions est un autre acquis important de cette période pour les policiers. À compétence égale, l’ancienneté prime. Voilà un beau principe qui éloigne les nombreuses influences internes et externes, dont celles des conseillers municipaux et des membres du Comité exécutif. Aujourd’hui encore, il s’agit d’un principe fondamental de la gestion de nos relations de travail.