Fraternité des policiers et policières de Montréal

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1. 1918 : un premier syndicat de policiers à Montréal
2. 1943 - Deuxième tentative de syndicalisation
3. 1944-1950 Les syndicats policiers empêchés de se regrouper
4. 1950-1965 — Période d’organisation et de croissance
5. 1950-1965 — Création de nombreux services
6. 1950-1965 — Négociation de huit conventions…
7. Les années 60 : sursaut de militantisme
8. La grève du 7 octobre 1969 : un moment historique
9. 1972 : regroupement des corps policiers de l’île de Montréal
10. 1965-1975 — Des négociations difficiles
11. Le travail policier en profonde mutation
12. Relations difficiles avec la CUM
13. Un gain majeur : l’horaire 4-3 !
14. Temps difficiles mais leadership vigoureux...
15. À la défense de ses membres
16. Interventions de l'État et lois spéciales

Relations difficiles avec la CUM

Entre 1972 et 1982, d’importantes réformes surviennent dans les instances décisionnelles de la Communauté urbaine de Montréal (CUM). Le Conseil de la sécurité publique (CSP), mis en place au moment de sa création, avait pour tâche de guider le ministre de la Justice dans la nomination du directeur du Service de police, de décider du niveau des effectifs et des équipements et de négocier contrats de travail et le régime de retraite avec la Fraternité. Cet organisme n’a aucun compte à rendre au Conseil de la CUM, qui est formé d’élus. Les maires de Montréal et des banlieues ainsi que les conseillers de la Ville de Montréal doivent donc entériner le budget automatiquement. Les maires des municipalités de la CUM dénoncent cet situation et leurs doléances sont entendues par le Parti Québécois. En août 1977, la loi 57 viendra réduire les pouvoirs du CSP et rendre aux élus le contrôle du budget.

De nouveau en 1982, ce même gouvernement adopte la loi 46 qui accroît la force des maires de municipalités de banlieue au détriment des élus de Montréal cette fois. On leur donne la parité avec la Ville de Montréal au Comité exécutif de la CUM, là où se débattent les vrais enjeux : budget de la CUM, négociations des conventions collectives de travail et plan de retraite des policiers. Le CSP est tout simplement aboli et remplacé par la Commission de la sécurité publique dont le rôle se limite à l’analyse du budget de la police et à la recommandation auprès du Comité exécutif de la CUM. La Fraternité est affectée par ces réformes et les négociations avec ces nouveaux vis-à-vis n’en sont pas facilitées.

Par ailleurs, les membres sont très insatisfaits du système de promotion et de placement qui est en fonction à cette époque. Le modèle de gestion « militaire » favorisé par l’État-major les démotive grandement. La Fraternité propose à la direction de participer à la définition des tâches et des fonctions des policiers et d’établir conjointement avec l’employeur un plan de carrière et de promotion pour ceux-ci. C’est dans cette optique qu’en 1977, la Fraternité obtient de la partie patronale la formation de trois comités paritaires — comités purement consultatifs — qui touchent à ces questions. L’immobilisme et la mauvaise foi qui prévalent en regard de ces comités — de la part du directeur Vignola entre autres — font en sorte que la cogestion devient le principal enjeu de la Fraternité lors des négociations de 1979-1980.

Elle obtient de pouvoir émettre un grief uniquement sur la rédaction de la description d’une fonction tandis que la partie patronale détermine le contenu, les pré-requis et les exigences de chaque fonction. Le peu de bénéfice qu’apportent ces comités paritaires amènera la Fraternité à se désintéresser graduellement du dossier de la cogestion.

Nombreuses coupures...

La Fraternité ne réussira pas plus à enrayer l’hémorragie de services qui survient à la même époque. Le premier service à passer au bilan des pertes, en mai 1976, est la Section d’aide à la jeunesse (150 policiers). L’abolition de la patrouille de nuit est conclue en juin 1979 (200 détectives). Quant à la Section des groupes tactiques, section spécialisée dans le contrôle des foules, ses effectifs diminuent de 81 à 51 policiers en décembre 1980. En 1983, c’est au tour des policiers-motards (125 motards) et de la de police à cheval (on passe de 24 cavaliers à neuf) de passer sous le couperet. Cette même année, les policiers-ambulanciers (371 policiers) sont remplacés par les services d’Urgences-santé. Et partant du même principe, de nombreux services de sécurité parallèles sont constitués alors que pas moins de 17 villes de la CUM font appel à des agences privées ou à des employés municipaux pour assurer la sécurité de leurs concitoyens.

D’autres manifestations de force de la part de la CUM viennent perturber les relations avec les policiers du SPCUM. L’interdiction du port de la barbe est une mesure d’un autre âge selon la Fraternité. Le tir est corrigé en novembre 1981 alors que l’on permet aux policiers en civil de porter la barbe. Il faudra attendre la négociation de 1985 pour que la règle disparaisse, accordant aux policiers en uniforme le même droit. Quant à la contrainte du lieu de résidence sur le territoire de la CUM, adoptée en 1983, elle disparaîtra elle aussi quatre ans plus tard.

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