Fraternité des policiers et policières de Montréal

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1. 1918 : un premier syndicat de policiers à Montréal
2. 1943 - Deuxième tentative de syndicalisation
3. 1944-1950 Les syndicats policiers empêchés de se regrouper
4. 1950-1965 — Période d’organisation et de croissance
5. 1950-1965 — Création de nombreux services
6. 1950-1965 — Négociation de huit conventions…
7. Les années 60 : sursaut de militantisme
8. La grève du 7 octobre 1969 : un moment historique
9. 1972 : regroupement des corps policiers de l’île de Montréal
10. 1965-1975 — Des négociations difficiles
11. Le travail policier en profonde mutation
12. Relations difficiles avec la CUM
13. Un gain majeur : l’horaire 4-3 !
14. Temps difficiles mais leadership vigoureux...
15. À la défense de ses membres
16. Interventions de l'État et lois spéciales

1943 - Deuxième tentative de syndicalisation

Si les policiers montréalais ont fondé leur premier syndicat lors de la première guerre mondiale, c’est durant la seconde que l’Association canadienne des policiers de Montréal voit le jour. Encore une fois, l’administration municipale montréalaise est sous tutelle et c’est la Commission municipale de Québec qui a droit de veto sur toutes les décisions du Conseil municipal.

Au mois d’août 1943, une grève de quatre jours des cols bleus, qui sont déjà syndiqués et membres du Congrès canadien du travail (CCT) avait forcé la Commission municipale à leur proposer la mise sur pied d’un conseil d’arbitrage. Dans la foulée, la CCT réussit à imposer que la révision des conditions de travail des pompiers et des policiers soit incluse dans le mandat du Conseil.

Roger Lavigieur, unvéritable pionnier de l'histoire du syndicalisme policier montréalais
Source : archives FPPM
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À la faveur de ce revirement, à l’été 1943, le constable Roger Lavigueur, un personnage qui marquera l’histoire de la Fraternité, est délégué pour représenter les policiers devant ce conseil d’arbitrage. Le 1er septembre, une élection qui a lieu au marché Bonsecours le propulse à la tête du nouveau syndicat.

Quelque temps après, les syndicats des employés municipaux (cols bleus, pompiers, policiers) déposent un mémoire faisant valoir les avantages de l’établissement d’une convention collective pour résoudre les conflits entre la direction et les employés, principe déjà reconnu par le gouvernement fédéral et plusieurs provinces. On y défend également le droit à la syndicalisation, le principe de l’atelier fermé, qui amène tous les membres d’une unité d’accréditation à faire partie d’un syndicat reconnu, de même que le droit pour un syndicat de s’affilier à l’organisme de son choix.

Rappelant la grève des policiers de 1918, le mémoire déposé par les autorités municipales conteste au contraire le droit des policiers et des pompiers de se syndiquer ainsi que le droit de faire grève de toutes les personnes travaillant dans les services publics.

Le droit de se syndiquer reconnu

Le 19 novembre 1943, le Conseil d’arbitrage reconnaît aux policiers, comme aux autres employés municipaux, le droit de se syndiquer et le devoir de l’employeur de négocier une convention collective avec eux.

En 1944, le gouvernement retiendra un certain nombre des recommandations de ce conseil d’arbitrage. Cependant, il interdit les arrêts de travail des employés municipaux et préconise, pour le règlement des conflits, le recours à un tribunal du travail dont les décisions sont exécutoires.

La Commission municipale qui administre la Ville refuse de reconnaître les trois syndicats municipaux, et a fortiori celui des policiers, au motif qu’il est affilié à un organisme extérieur et rejette donc en bloc le rapport d’arbitrage, refusant par la même occasion de discuter de l’amélioration des conditions de travail de ses employés. Le 13 décembre, les trois syndicats qui ont uni leur force lui font parvenir un ultimatum de 24 heures pour les reconnaître comme des agents négociateurs, conformément à la décision arbitrale. La Ville ne bronche pas.

Devant l’impasse, la grève est déclenchée le 14 décembre 1943. Policiers et pompiers mettent sur pied des équipes volantes pour répondre aux appels urgents et la Ville fait appel à la police provinciale et à la gendarmerie royale pour assurer la sécurité. Contrairement à la grève de 1918, aucun incident grave n’est à déplorer. L’administrateur de la Ville accepte de reconnaître le syndicat des pompiers, mais pas celui des policiers. Cependant, le premier ministre Godbout lui ordonne finalement de se conformer au rapport du Conseil d’arbitrage et le syndicat des policiers est d’emblée reconnu pour négocier une convention collective.

L’arrêt de travail aura duré moins de 15 heures. La négociation commence. Elle aboutira six mois plus tard (22 août 44) à la première convention collective négociée de ce deuxième syndicat de policiers montréalais. Cette convention est globalement favorable au syndicat des policiers, qui a toutefois dû renoncer au droit de grève et à l’affiliation au CCT. Parmi les gains, les salaires avoisinent ceux de Toronto, il y a confirmation que la semaine de travail passe de 84 heures à 48 heures (!!!), un jour de congé par semaine (!) est accordé à tous, et on ramène le nombre d’échelons qu’il faut franchir pour atteindre le salaire maximum au même niveau qu’en 1930.

 

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